Great Black Music, les musiques noires dans le monde

Michael Jackson, Cesaria Evora, Marvin Gaye, Billie Holiday, Fela Anikulapo Kuti, Aretha Franklin, Bob Marley, Myriam Makeba, Oum Kalsoum… Ces artistes américains et africains ont marqué l’histoire des musiques populaires au XXe siècle. Ils font aujourd’hui partie d’un patrimoine commun, bien au-delà des pays ou des communautés locales qui les ont vu naître. Du fleuve Congo à Congo Square, de la jungle de Harlem au bitume de Lagos, de l’île de Gorée aux rivages des Caraïbes, en passant par certains quartiers de Londres et de Paris, groove, sons et mélopées ont peu à peu pris corps et âmes pour donner un sens à l’expression de « musique noire ».

Pourtant, des musiques traditionnelles africaines jusqu’au concept de great black music théorisé par l’Art Ensemble of Chicago dans les années 1960, l’unité des musiques noires tient sans doute davantage de la construction sociale que du déploiement d’une même et unique tradition. En effet, si les musiques de la diaspora noire doivent bien quelque chose au continent africain, ce sont elles qui, depuis l’Amérique, « inventent » le concept de musique noire. Dès lors, la musique sera le ferment d’une identité commune, panafricaine, qui depuis deux siècles se déploie et se féconde elle-même en de multiples aller et retour de part et d’autre de l’océan Atlantique.

Qu’est-ce qui fait alors la spécificité des musiques produites par les Noirs de la diaspora, et qu’est-ce qui unit ces musiques au continent africain ? Chez les anthropologues, trois écoles s’affrontent traditionnellement : ceux qui défendent une stricte continuité culturelle entre Afrique et Amériques, ceux qui pensent que rien n’a survécu culturellement au Passage du milieu, et ceux qui s’intéressent plutôt aux hybridations, aux créations spécifiques observées dans les Amériques à partir de matériaux épars.
S’invitant dans ce débat, l’exposition Great Black Music entend rassembler les pièces du puzzle qui font des musiques noires une évidence pour l’oreille et les corps dansants, et une énigme pour les chercheurs. Basée sur un grand nombre d’archives audiovisuelles, d’instruments, de modules pédagogiques et de dispositifs numériques interactifs, cette exposition se déroule en six grandes parties thématiques. Elle fait ainsi le pari d’embrasser le large spectre des musiques noires, pour leur rendre hommage et donner à réfléchir sur la notion de création musicale dans un monde globalisé.

Great Black Music est une co-production de la Cité de la musique et Mondomix, et constitue une version enrichie de l’exposition Les Musiques Noires dans le monde, conçue par Mondomix et présentée à Dakar, Saint-Denis de la Réunion et Johannesbourg.
Cette nouvelle version a bénéficié du concours d’Emmanuel Parent (anthropologue) et de Philippe Bruguière (conservateur au Musée de la musique)

Voir le site officiel de l’exposition à Paris

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